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SYNTACT : l'analyse financière simplifiée
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RUBRIQUE CHIFFRES CLES

 DIVIDENDE GLOBAL : C'est le dividende versé par la société.

 RENDEMENT GLOBAL : C'est le rapport entre le dividende de l'action et le cours de l'action. Le dividende est la fraction des bénéfices de la société distribuée aux actionnaires.

 BENEFICE NET PAR ACTION : Bénéfice net part du groupe divisé par le nombre de titres composant le capital de la société mère. Toutes les actions, c'est-à-dire les actions ordinaires, les actions à dividende prioritaire et les certificats d'investissement, soit tous les titres qui donnent droit à l'actif net et aux bénéfices. Une difficulté : les obligations convertibles en actions. Une fois la conversion accomplie, elles donnent lieu à une création d'actions nouvelles, ce qui réduit mécaniquement le bénéfice par action. Certaines analyses en tiennent compte, notamment quand il existe un intérêt immédiat à la conversion. Dans ce cas, on calcule la création potentielle de titres suite à la conversion de toutes les obligations et on intègre ces nouveaux titres au dénominateur du bénéfice par action. On parle alors de 'bénéfice par action dilué des obligations convertibles'. Mais mieux vaut se conformer à la stricte réalité et ne tenir compte que des obligations effectivement converties. Les augmentations de capital font également rentrer de l'argent frais dans les caisses mais elles donnent lieu à la création de nouveaux titres. Ce qui conduit immanquablement à réduire le bénéfice par action, sauf si l'arrivée de cet argent frais dans la société lui permet de dégager des profits supplémentaires suffisants pour pallier la création des nouveaux titres. Ces titres sont pris en compte dès leur existence.

 PER : C'est le 'price earnings ratio', ou, en français, le multiple de capitalisation. Il s'agit tout simplement du rapport entre le cours de l'action et le bénéfice par action. On dit aussi que la valeur se paie n fois - n étant le PER - ses bénéfices. Plus le multiple est élevé, plus l'action est chère. Quand la société réalise des bénéfices, le multiple de capitalisation est positif. On peut aussi calculer un PER quand la société accuse des pertes. Il suffit de calculer une perte par action et de l'utiliser en dénominateur : on obtient un PER négatif, que l'on peut interpréter comme le nombre d'années pendant lesquelles les pertes rongeraient le cours de l'action, partant du principe qu'une perte ampute le patrimoine - donc le cours - d'une société. Avec un PER négatif de 5, on perd théoriquement l'équivalent du cours en cinq ans. Les multiples fournis dans la base sont calculés par rapport au dernier cours sur les bénéfices estimés de l'exercice et aux bénéfices de l'année antérieure. Pour les deux années précedentes, le cours retenu est le dernier cours de l'année considérée.

 COURS/C.A.F : C'est le rapport du cours et de la capacité d'autofinancement par action. C'est une variante du PER : on dit que la valeur se paie n fois sa CAF. Dans des sociétés industrielles, où les dotations aux amortissements sont relativement élevées, ce multiple peut servir de base de calcul et de comparaison avec d'autres titres.

 CAF PAR ACTION : La CAF, ou MBA (marge brute d'autofinancement) est constituée du bénéfice net augmenté de la dotation aux amortissements et, marginalement, de la dotation de certaines provisions de la société. C'est en quelque sorte le cash qui reste dans la caisse après un an d'activité. Cette somme est disponible et peut donc servir à financer les investissements ou à rembourser les éventuelles dettes. Dans la plupart des sociétés industrielles, la CAF est nettement plus élevée que le bénéfice. Ceci est d'autant plus vrai que l'activité est gourmande en capitaux : qui dit gros équipements, dit fortes dotations aux amortissements. A l'inverse, la CAF sera assez proche du bénéfice dans le cas d'activités de services ou d'industries très légères.

 SITUATION NETTE PAR ACTION : La situation nette est synonyme de fonds propres. Il existe deux méthodes de calcul, soit la somme formée par le capital social et l'ensemble des réserves (les bénéfices accumulés et conservés par la société au fil des ans), soit le total des actifs (l'inventaire complet de ce que possède une société) réduit de l'ensemble des dettes. C'est la même chose. On peut comparer les fonds propres et le cours du titre. Il suffit pour cela de diviser les fonds propres consolidés par le nombre d'actions composant le capital social. Quand le montant obtenu est supérieur au cours de Bourse, c'est un certain gage de sécurité : c'est ce qui resterait théoriquement à l'actionnaire en cas de liquidation immédiate de la société. Toutefois, une société ne doit jamais être appréciée dans l'optique de son éventuelle liquidation, car lorsque celle-ci se produit, c'est après de lourdes pertes : les fonds propres ont alors disparu! De plus, le niveau de la situation nette sera tout à fait relatif. Autant il est normal de trouver d'importants fonds propres dans le bilan d'un constructeur automobile (dont les outils industriels sont très coûteux), autant il serait anormal d'en découvrir énormément dans le bilan d'une société de services qui n'a nul besoin de matériel. Il peut arriver que les fonds propres soient inexistant lorsqu'une société a réalisé de lourdes pertes : un déficit grignote en premier lieu les réserves, et, si cela ne suffit pas, il attaque le capital social. Il arrive même que ce dernier soit encore insuffisant : la société est en situation de faillite. L'évolution de cet indicateur est donc à surveiller mais ne doit pas remplacer l'évaluation d'une affaire sur le critère des potentiels d'activité et de résultat.

Les cours de référence diffèrent selon l'exercice observé. Le cours du jour est utilisé pour l'année estimée (l'année en cours) et pour la précédente. Pour les précedentes, on utilise le dernier cours de l'année - soit le 31 décembre si la Bourse est ouverte - pour calculer les multiples.

Les estimations sont tirées des communiqués de la société, de nombreuses affaires bénéficiant souvent d'une visibilité suffisante pour donner une indication sur l'exercice en cours. A l'évidence, ces prévisions sont 'observées' par la Commission des Opérations de Bourse (la COB) qui veille à leur fiabilité. Ce qui leur confère un minimum de sécurité. En aucun cas, la base de données ne fournit d'informations issues d'une analyse personnelle.

  COMMENT INTERPRETER LE RENDEMENT :
Le rendement est un indicateur boursier assez utilisé, auquel les actionnaires fidèles sont souvent sensibles. Mais on ne peut acheter un titre sur ce seul critère, même si un fort dividende, dans la mesure où l'affaire se porte bien, constitue un frein à la baisse des cours. Le rendement peut en effet apparaître subitement élevé, après une forte baisse des cours, celle-ci le faisant grimper mécaniquement. Il faut avant tout que ce dividende soit de "qualité", c'est-à-dire que la société dispose d'une capacité à en distribuer d'équivalents (ou de meilleurs) l'année suivante. Certes, quand une action procure un revenu annuel proche des taux du marché monétaire, son risque est assez faible, dès lors que l'avenir de l'affaire est assuré.

Pour donner une indication, le rendement d'une action doit être comparé à celui d'une autre, à peu près équivalente ou, à tout le moins, représentant une société d'activité proche ou comparable. Si l'une donne plus que l'autre tout en affichant bonnes perspectives et bilan solide, c'est une excellente raison pour la sélectionner.

Les sociétés proposent parfois de régler leurs dividendes en actions. L'opération est intéressante pour tout le monde. La société conserve les fonds des dividendes dans ses caisses en créant en contrepartie de nouvelles actions. L'actionnaire capitalise ses revenus en obtenant des titres supplémentaires. La formule est généralement appréciée. Dans ce cas, vous recevrez un bordereau pour signifier votre choix à la société : recevoir le dividende ou souscrire à de nouvelles actions. Ces actions nouvelles vous seront vendues sur la base d'un cours inférieur à la moyenne des cours de bourse précédant la décision (10 % de réduction au maximum). Par exemple, vous détenez 35 actions donnant chacune un dividende net de 10 euros et la société vous propose de recevoir ces dividendes en actions à raison de 400 euros la nouvelle action. Globalement, vos dividendes représentent 350 euros, pas tout à fait assez pour souscrire la nouvelle action. Il suffira de verser les 50 euros manquant pour l'obtenir.


  LE PER, véritable valeur d'un titre :
Le multiple est le véritable prix d'une action. Pour commencer, il ne doit pas s'observer isolément : c'est un instrument comparatif. Il permet de relativiser le multiple d'une valeur à celui d'une autre, d'activité et de taille comparables. A condition que les deux affaires aient une croissance également comparable. L'action d'une société à forte croissance des bénéfices aura un multiple beaucoup plus élevé que celle d'une affaire stagnante ou en faible croissance. Par exemple, la société A a réalisé un profit de 10 euros par action l'an dernier, et devrait gagner 15 euros cette année et 22 la suivante. La société B a dégagé 10 euros par action l'an dernier, devrait obtenir 10,5 euros cette année et péniblement 11 l'an prochain. Un coup d'oeil sur les cours de bourse : A vaut 200 euros et B est proche de 150 euros. La société A va apparaître comme la plus chère : son cours représente 20 fois le bénéfice par action de l'an dernier pendant que B a un cours de 15 fois son résultat de la même année. Pourtant, il vaut mieux investir sur A, la plus chère du moment. En effet, en supposant le niveau des cours actuels constant, le cours de A ne représente que 13,3 fois le bénéfice par action attendu pour cette année et un peu plus de 9 fois celui de l'an prochain. Dans le même temps, le cours de B représente plus de 14 fois le bénéfice par action estimé pour cette année et 13,6 fois celui prévu pour l'année prochaine. La plus chère des deux aujourd'hui deviendra donc rapidement l'action meilleur marché. De la sorte, un multiple s'apprécie différemment sur les bénéfices par action estimés.

Ce phénomène du multiple très élevé des sociétés en forte croissance explique alors les différences que vous constaterez d'un secteur à l'autre. Ainsi, les sociétés à bonne visibilité, financièrement saines et à progression des bénéfices assez forte ont toujours des multiples de capitalisation plus élevés que la moyenne d'un marché. A l'inverse, les sociétés cycliques, dont les profits ont des évolutions parfois erratiques, ont des multiples très faibles, parfois moins de la moitié de la moyenne du marché. Elles ne sont pas plus économiques pour autant : il faut évaluer leurs perspectives avant d'en acheter les titres même s'ils sont apparemment sous-cotés. Enfin, reste le cas des sociétés en redressement, celles qui enregistrent des pertes et vont redevenir profitables. Il convient alors d'apprécier leur capacité à dégager à nouveau des bénéfices et de les comparer au cours de bourse actuel en utilisant un multiple sur ces estimations.

Les règles du multiple ne sont guère applicables dans quelques cas particuliers, comme celui des offres publiques d'achat ou d'échange. La société qui achète propose un prix fixe à toute action remise : c'est une offre publique d'achat. Bien sûr, pour donner un attrait à son offre, il est généralement proposé un prix d'achat supérieur aux récents cours de bourse. On peut aussi régler les titres de la société acquise avec ses propres actions (souvent créées pour la circonstance) : il s'agit d'une offre publique d'échange. Après avoir lancé son offre, l'acquéreur peut avoir une mauvaise surprise : une contre-offre. Dans ce cas, une autre société, qui ne veut pas laisser la première s'emparer de l'affaire, va proposer des conditions plus avantageuses. Les batailles boursières de ce genre sont courantes. Ainsi, les prix atteints lors des offres publiques sont parfois sans commune mesure avec les classiques évaluations dégagées à l'aide des PER. Quand une entreprise s'empare d'une autre, elle ne raisonne pas en termes d'actif net ou de multiple de capitalisation. Son objectif est d'accroître ses parts de marché, d'accéder à de nouveaux réseaux de distribution, de maîtriser un savoir-faire ou de rajouter une nouvelle marque à sa gamme. Elle peut aussi obtenir des synergies en rachetant un concurrent : le bénéfice de l'ensemble dépassera alors la somme des profits des deux sociétés séparées. On entre alors dans le champ de l'évaluation stratégique d'une entreprise. Un prix qui peut dépasser largement l'application d'un multiple aux résultats de la société convoitée.






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